Rui Moreira a hérité du Portugal, pays de navigateurs et d’explorateurs, le goût pour les expéditions lointaines – de l’Inde, au désert du sud marocain, à la forêt d’Amazonie – sources d’inspirations premières de ses créations. A plus de 12 reprises, l’artiste s’est rendu dans le desert marocain où la luminosité et la chaleur écrasante l’ont inspiré, tout comme les méandres labyrinthiques de villes orientales. D’autres voyages lointains lui ont fait sentir les températures glacées des montagnes à la source du Gange, la solitude et le silence quasi absolus du désert, l’humidité extrême de la jungle amazonienne. Dessinant alors de façon ininterrompue à ses retours de voyage, l’artiste effectue une sorte d’exercice mnémonique, en revivant avec son corps et d’une manière totalement instinctive, le cycle naturel de ces lieux et sensations, afin d’en ressentir toutes les nuances.

Ce ressenti intense est au cœur de la structure même des dessins de Rui Moreira, l’atmosphère dense et particulière de chacune de ces destinations transparait dans son œuvre. Les abstractions géométriques convoquant le détail de l’infiniment petit à l’amplitude d’une cosmographie, les paysages organiques mêlant les dunes du désert aux montagnes de l’Himalaya, aux fougères amazoniennes, ainsi que des divinités sur fond de paysage mythologique intégrant des motifs de danse du Katakali ou les costumes des Caretos de Podence de la région de Tras-os-Montes, au nord du Portugal.

Les dessins de Rui Moreira se nourrissent aussi de références cinématographiques telles que Tarkovski, Hitchcock, Herzog, Syberberg ou Kubrick ; de références musicales comme Bach, Stockhausen, à des musiques traditionnelles ; ou encore de références artistiques marquantes telles une fresque de Piero della Francesca. Les œuvres naissent de la répétition d’une action simple : l’artiste remplit patiemment, longuement, inlassablement chaque contour jusqu’à l’épuisement du corps soumis à des conditions excessives d’immobilité et de gravité telle une intense méditation de mémoire.

L’originalité et la profondeur du travail de Rui Moreira sont saisissantes. La monumentalité de l’ensemble se construit dans son infime détail et sa délicatesse. L’artiste vit chacun de ses dessins comme un champ d’exploration déployé où il utilise son corps comme une immense machine à fabriquer ses dessins, mettant entre 4 mois et 8 mois pour les accomplir.

La galerie lui consacre deux expositions personnelles : Inner Monsoon  en 2010 et La Nuit en 2014, fortement inspirée du film éponyme de Hans-Jürgen Syberberg. En 2014, le MUDAM à Luxembourg présente une exposition personnelle, accompagnée d’un catalogue publié en collaboration avec la galerie. Le MUDAM fait l’acquisition d’un dessin majeur de l’artiste. En 2015, l’œuvre de Rui Moreira entre également dans la prestigieuse Collection d’art contemporain de la Société Générale.

En 2016, un ensemble de dix œuvres créées entre 2007 et 2015 par l’artiste portugais, qui connaît une reconnaissance internationale, est présenté au Pavilhão Branco à Lisbonne. Intiulée Os Pirómanos, cette exposition est ensuite présentée au Centro Internacional das Artes José de Guimarães. La galerie présente également des œuvres de Rui Moreira lors de des foires d’art : Art Dubaï et Drawing Now.

En 2017, les œuvres de Rui Moreira sont présentées à la galerie lors des expositions Corps et Ames et  Chuchotements de la Terre. Une œuvre de l’artiste est également présentée lors de l’exposition Passion de l’Art – Galerie Jeanne Bucher Jaeger depuis 1925, première rétrospective consacrée à la galerie, au Musée Granet d’Aix-en-Provence.

En 2018, la commissaire d’exposition japonaise Yuko Hasegawa présente les œuvres de Rui Moreira lors de l’exposition Saudade Unmemorable Place in Time — China-Portugal Contemporary Art à la Foundation Fosun à Shanghai. Cette exposition est également présentée au Museu Coléção Berardo — Centro Cultural de Belém à Lisbonne la même année.

Au cours de l’année 2019, la galerie présente une sélection d’œuvres de l’artiste portugais sur les murs de l’Observatoire du BHV Marais lors de l’exposition Sous le soleil du Portugal.

 

Rui Moreira, Head On I, 2016
Gouache et encre de Chine sur papier
41,5 × 28,5 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Head Off, 2016
Collage, gouache et encre de Chine sur papier
41,9 × 29,4 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Telepath I, 2013
Gouache et stylo gel sur papier
215 × 140 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, The Holy Family III, 2014
Gouache sur papier
120 × 160 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Rui Moreira, Black Star II, 2014
Gouache sur papier
88 × 88 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Golden rain II, 2007
Gouache sur papier
120 × 320 cm
Photographie de Georges Poncet
Rui Moreira, I am a Lost Giant in a Burnt Forest, 2010
Gouache et stylo gel sur papier
250 × 318 cm
Photographie de Miguel Angelo Guerreiro
Rui Moreira, L’Air du Matin (d’après Ligeti), 2012
Gouache sur papier
120 × 160 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Machine of Entangling Landscapes VI, 2011
Gouache et stylo gel sur papier
160 × 238 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Sans titre, 2008
Encre de Chine sur papier
246 × 246 cm
Photographie de Laura Castro Caldas & Paulo Cintra