Le travail de Rui Moreira est fondé sur ses voyages dont il choisit avec soin la destination. L’artiste cherche alors à ressentir les changements physiques et psychologiques inhérents aux territoires qu’il visite – la chaleur écrasante du désert, la lumière crue du soleil, les températures glacées dans les montagnes à la source du Gange, l’humidité extrême de la jungle amazonienne, la solitude et le silence quasi absolus du désert… Dessinant alors de façon ininterrompue à ses retours de voyage, l’artiste effectue une sorte d’exercice mnémonique en revivant le cycle naturel de chaque espace afin d’en ressentir toutes les nuances. Ce ressenti intense est au coeur même de la structure des dessins de Rui Moreira, Ses dessins se nourrissent aussi de références cinématographiques à Tarkovski, Hitchcock, Herzog, Syberberg ou Kubrick ; de références musicales à Bach, Stockhausen, à des musiques traditionnelles ; ou encore de références artistiques marquantes telles une fresque de Piero della Francesca. Les œuvres naissent de la répétition d’une action simple : l’artiste remplit patiemment, longuement, inlassablement chaque contour jusqu’à l’épuisement du corps soumis à des conditions excessives d’immobilité et de gravité tel une intense méditation de mémoire.

La galerie lui consacre deux expositions personnelles : « Inner Monsoon » en 2010, et « La Nuit » en 2014, fortement inspirée du film éponyme de Hans-Jürgen Syberberg. En 2014, le MUDAM à Luxembourg présente une exposition personnelle, accompagnée d’un catalogue publié en collaboration avec la galerie. Le MUDAM fait l’acquisition d’un dessin majeur de l’artiste. L’œuvre de Rui Moreira entre également dans la Collection d’art contemporain Société Générale en 2015.

Rui Moreira, Head On I, 2016
Gouache et encre de Chine sur papier
41,5 × 28,5 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Head Off, 2016
Collage, gouache et encre de Chine sur papier
41,9 × 29,4 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Telepath I, 2013
Gouache et stylo gel sur papier
215 × 140 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, The Holy Family III, 2014
Gouache sur papier
120 × 160 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Rui Moreira, Black Star II, 2014
Gouache sur papier
88 × 88 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Golden rain II, 2007
Gouache sur papier
120 × 320 cm
Photographie de Georges Poncet
Rui Moreira, I am a Lost Giant in a Burnt Forest, 2010
Gouache et stylo gel sur papier
250 × 318 cm
Photographie de Miguel Angelo Guerreiro
Rui Moreira, L’Air du Matin (d’après Ligeti), 2012
Gouache sur papier
120 × 160 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, L’Air du Matin II, 2012
Gouache sur papier
120 × 160 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Machine of Entangling Landscapes VI, 2011
Gouache et stylo gel sur papier
160 × 238 cm
Photographie de Laura Castro Caldas
Rui Moreira, Sans titre, 2008
Encre de Chine sur papier
246 × 246 cm
Photographie de Laura Castro Caldas & Paulo Cintra