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Suite à l’importante rétrospective consacrée à Michael Biberstein (Solothurn, Suisse 1948 – Alandroal, Portugal 2013) par Delfim Sardo à Culturgest Lisbonne en 2018, la galerie est heureuse de présenter une nouvelle exposition de l’artiste intitulée Seeing réunissant peintures et œuvres sur papier de l’artiste suisse-américain, qui avait choisi le Portugal comme pays d’adoption depuis 40 ans et se considérait portugais.

Du 2 au 5 avril 2020, une sélection d’œuvres-clé de l’artiste sera également montrée à l’occasion d’Art Paris au Grand Palais dans le cadre de l’attention portée aux artistes de la Péninsule Ibérique.

Cette nouvelle exposition de l’artiste propose de rentrer plus en profondeur dans les différentes étapes de la vie artistique de Michael Biberstein, depuis sa phase de déconstruction de la peinture dans les années 70 où la structure même de son art est perçue comme un système de signes, à sa longue et méticuleuse recherche picturale, à partir de la fin des années 80, entièrement tournée vers l’effet physiologique et psychologique du sublime sur l’humain, indissociable de l’expérience de sa création artistique, dont l’apothéose est la réalisation de la peinture de son Ciel, créé pour l’immense plafond de l’Eglise de Santa Isabel à Lisbonne en 2016.

Comme l’écrit le commissaire Delfim Sardo, dans son texte sur l’œuvre de l’artiste, Michael Biberstein forgé en son œuvre un pont rare entre la pratique de la peinture, l’utilisation d’un langage conceptuel provenant de la philosophie analytique, une attention portée au paysage à travers le processus de la peinture même, émanant d’une perspective éduquée et engagée historiquement, à travers la réhabilitation d’une compréhension toute particulière de la contemplation. Ses études en histoire de l’art débutent avec David Sylvester, à Philadelphie aux Etats-Unis, rencontre influente et essentielle pour Biberstein puisqu’elle l’incite rapidement à suivre ses conseils selon lesquels la peinture ne peut être expérimentée par la théorie mais bien par la pratique. Le choc artistique initial est avec l’œuvre de Mark Rothko, puis celle de Caspar Wolff, William Turner et Caspar David Friedrich.

Après avoir initialement analysé et décomposé le processus créatif de la peinture dont notre exposition présente des œuvres essentielles: installations composées de bambou alternant espaces et interstices de fines couches de toiles, des installations explorant la polarité du rapport sol/mur, ou le contour d’une forme, ou encore la série des images Prospect/Refuge des années 80 ou celle de prédelles (en référence aux peintures médiévales) monochromes renforçant le paysage contemplatif placé à côté, Michael Biberstein inclue systématiquement le spectateur dans l’espace de son œuvre, soit pour qu’il l’amplifie et lui offre un horizon ou, au contraire, pour qu’il s’y réfugie et s’y sente en sécurité. Biberstein s’intéresse également à l’art Paléochrétien, à l’architecture des églises romanes ainsi qu’à la peinture baroque, et plus particulièrement à Giovanni Battista Tiepolo. Les espaces sacrés de notre planète, qu’il visite inlassablement, deviennent l’un des sujets majeurs de son œuvre, malgré son agnosticisme militant. C’est au Portugal à la fin des années 70, d’abord à Sintra puis dans l’Alentejo (où il a résidé durant près de 40 ans), que Biberstein trouve l’atmosphère propice à sa pratique de la peinture.

Les paysages éthérés de Michael Biberstein sont nourrisdes paysages de Vernet, Friedrich, Turner, Monet, Cézanne et Rothko, tout autant qu’ils sont réminiscents des meilleurs paysages orientaux. Construites à partir de la patiente juxtaposition de subtiles nuances chromatiques peintes en acrylique changeant avec les fluctuations de lumière, ces vibrations d’espace et respirations chromatiques, nous convient à entrer dans un « champ élargi » du Paysage, dans le but de nous faire expérimenter la vision du Sublime. En invitant notre regard à naviguer physiquement au sein de sa toile, Biberstein convoque le spectateur à plonger dans le paysage de sa toile afin de lui faire expérimenter le Sublime et le mystère de l’inconnu. Les « événements » picturaux sont si intenses chez Michael Biberstein qu’ils transforment l’expérience même de regarder ; « ce qui est important n’est pas le travail en lui-même, pas la peinture, mais ce qu’il se passe dans notre tête quand nous regardons » dit-il lors d’une conversation avec Delfim Sardo en 2001. La peinture est quête métaphysique. Ses toiles sont évanescentes ; nulle forme spécifique ne s’y distingue, nul indice de la réalité. Nous sommes face à sa recherche d’un paysage, ou plutôt de la possibilité d’un paysage sublime. Le regardeur est immergé dans l’immensité et le sublime, au cœur de l’espace, par delà toute temporalité. Il ne représente pas le paysage mais créé un champ visuel qui devient paysage potentiel.

Sans aucun doute, ses innombrables cieux et paysages méditatifs ont-ils appelé la conception du plafond de l’Église Santa Isabel (1742), à Lisbonne, auquel l’artiste a consacré près de quatre années de sa vie. Inachevée lors du décès soudain de l’artiste en 2013, la décision de réaliser cette œuvre majeure s’est faite avec le concours appuyé de la galerie lors d’une exposition fundraising en 2014 intitulée Un Ciel pour Michael Biberstein.

En 2016, lors de l’inauguration du plafond de l’église de Santa Isabel, peint par l’artiste, la Fondation Árpád Szenes – Vieira da Silva, en collaboration avec la galerie, organise une présentation des études de l’artiste pour le plafond de l’église intitulée Estudos para um Céu, ainsi que d’œuvres sur papier inédites et de la maquette de l’intérieur de l’église de Santa Isabel à l’échelle 1:75, réalisée par Appleton et Domingos Arquitectos. La galerie lui consacre à cette occasion l’exposition Paysage en apothéose présentant des œuvres sur papier très peu ou jamais montrées, découvertes dans l’atelier de Michael Biberstein après son décès, et réalise un catalogue consacré à son œuvre dessiné en collaboration avec Nicholas Turner, curator au J. Paul Getty Museum en vue de la préparation du Catalogue Raisonné de l’artiste. Cette nouvelle exposition intitulée Seeing se propose de pénétrer plus loin l’acte de Voir.

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