09.04.2026 — 12.04.2026

ART PARIS ART FAIR 2026

Grand Palais, Paris

ART PARIS 2026

Guillaume Barth, Michael Biberstein, Jean Dubuffet, Evi Keller, Rui Moreira, Jean-Paul Philippe, Vera Pagava, Maria Helena Vieira da Silva, Susumu Shingu, Antonella Zazzera, Zarina…

Du 9 au 12 avril 2026
Grand Palais, Paris

 

Jean Dubuffet sélectionné dans le focus du commissaire Loïc Le Gall – « Babel – Art et Langage en France »

Jean Dubuffet a profondément renouvelé la relation entre art et langage en s’opposant à la normalisation des formes culturelles visuelles et linguistiques. Très tôt, il rejette les hiérarchies esthétiques et les usages dominants de la langue, au profit d’une expression libérée des cadres académiques. L’écriture occupe chez lui une place centrale comme matière brute, instinctive, proche du griffonnage, du cri ou de la parole intérieure.

Ses œuvres intègrent des signes, des mots et des pseudo-écritures qui évoquent autant l’écriture enfantine que des langues inventées. Cette recherche entre en résonance avec Antonin Artaud, pour qui le langage devait être arraché à ses usages rationnels afin de retrouver une intensité vitale, corporelle. Dubuffet entretient également un dialogue fécond avec Jean Paulhan, figure majeure de la réflexion sur la langue, les clichés et les mécanismes de légitimation culturelle.

En valorisant l’« art brut », Dubuffet défend une langue issue de la marge et du non-savoir. Chez lui, écrire, dessiner ou peindre relèvent d’un même geste : réinventer une langue primitive, indisciplinée, capable de restituer le réel sans le soumettre à l’ordre du discours.

Cette réflexion trouve une traduction explicite dans les œuvres issues du cycle de « L’Hourloupe ». Dubuffet y élabore un vocabulaire de formes cloisonnées, répétables et combinables, constituant une grammaire visuelle. Certaines pièces, comme « L’Algèbre de l’Hourloupe », assument cette dimension systémique : les figures y fonctionnent comme des unités élémentaires, comparables à des lettres ou à des signes, dont le sens réside dans la relation et la combinaison. Le langage devient alors un jeu de structures ouvertes, où le sens émerge de l’usage plutôt que d’un message préétabli.

– Loïc Le Gall