Árpád Szenes grandit dans un milieu intellectuel privilégié et entre, en 1918, à l’Académie Libre de Budapest. Après une première exposition en 1922 au Musée Max Ernst, Árpád Szenes voyage en Europe puis s’installe à Paris où il fréquente l’Académie de la Grande Chaumière. C’est ici qu’il rencontre Maria Helena Vieira da Silva. Il fréquente également « l’Atelier 17 » dirigé par Stanley W. Hayter dont la tendance surréaliste l’influence fortement. Quelques années plus tard, en 1932, le couple rencontre Jeanne Bucher, rencontre qui marquera le début d’une longue collaboration.

La situation politique de la Hongrie à la veille de la seconde guerre mondiale lui impose le départ et le couple choisit de s’installer au Portugal puis au Brésil entre 1940 et 1947. Árpád Szenes y ouvre un atelier où il enseigne la peinture.

De retour en Europe, il poursuit son travail sur le paysage et l’espace, s’inspirant de ses nombreux voyages et d’une observation contemplative de la nature. Progressivement, le travail d’Árpád Szenes intègre les collections de l’Etat français et, en 1970, l’Inspection des Musées de province du Louvre organise une première rétrospective de son œuvre. Celle-ci sera suivie en 1974 d’une rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris organisée par Jacques Lassaigne. En écho à cette importante rétrospective, la galerie lui consacrera une exposition majeure la même année. En 1977, la consécration se fait dans son pays d’origine, à la Magyar Nemzeti Galeria de Budapest puis au Musée Varisi Tanacs Kiallitoterme de Pècs. Atteint de la maladie de Parkinson depuis quelques années, Szenes s’éteint dans son atelier à Paris en 1985.

Artiste défendu par Jeanne Bucher à partir de 1939, puis, dès 1949, par Jean-François Jaeger qui lui consacrera une dizaine d’expositions monographiques, Árpád Szenes se distingue par ses paysages, espaces poétiques, mémoires d’un monde heureux sur le point de naître. Plages, collines, ciels sans présence humaine et cependant vibrants d’humain. Unir l’invisible et le visible, les faire fusionner l’un en l’autre par le biais d’une lumière extérieure intériorisée dans l’acte créatif ; telles étaient les motivations de celui qui se tenait volontairement dans l’ombre de sa femme Vieira da Silva avec une modestie excessive.

Arpad Szenes, Polder, 1969
Huile sur papier marouflé sur toile
99 × 56 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Arpad Szenes, Écluses, 1970-1971
Huile sur papier marouflé sur toile
100 × 50 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Arpad Szenes, Près de la mer, 1980
Huile sur papier marouflé sur toile
150 × 50 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Arpad Szenes, Passage du Vent, 1980
Huile sur papier marouflé sur toile
79 × 96 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Arpad Szenes, En contrebas, c.1979
Huile sur papier marouflé sur toile
62 × 100 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Arpad Szenes, La Grande Pente, 1979
Tempera sur papier
73 × 50 cm
Photographie de Jean-Louis Losi