06.06.2020 — 18.07.2020

Le Jardin des Mélancolies

Jean-Paul Philippe

Marais Space

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La galerie est heureuse de présenter une nouvelle exposition de Jean-Paul Philippe, qu’elle soutient depuis plus de 30 ans.

Cette exposition, intitulée Le Jardin des Mélancolies, fait écho à un projet né en 2011, à l’occasion de l’exposition Archéologies Intérieures que la Fondation Fernet Branca consacrait à l’artiste, alors invité à créer une œuvre destinée à un futur jardin à Colmar – jardin qui devait relier le Musée Unterlinden à son extension contemporaine. Le Musée Unterlinden possède dans ses collections la fameuse gravure d’Albrecht Dürer Melancolia I qui fut un choc pour l’artiste dès sa plus tendre enfance et l’une des quatre mélancolies de Lucas Cranach. Créer un jardin des Mélancolies, tenter de tresser un lien dans le jardin de ce Musée, entre l’histoire et l’aujourd’hui, avec six siècles d’entretemps, traiter des probables et possibles mélancolies contemporaines, faire écho aux énigmatiques formes et rêveuses réflexions de Dürer et Cranach en leur temps, voici ce qui a animé l’artiste tout au long de la création de ses oeuvres. Pour diverses raisons ce projet n’a pas encore vu le jour à Colmar et, au vu des différentes déclinaisons et recherches de Mélancolie sculptées et déclinées par l’artiste pour ce projet, la galerie les présente aujourd’hui dans son espace du Marais. Elles sont sculptées en acier, granit, marbre, albâtre…

Le mur est le reflet des mélancolies contemporaines liées aux migrations. La nécessité qui parfois l’oblige, son empêchement souvent brutal qu’elle induit, et ce qui en résulte. « Un mur, deux prisons ». Joseph Koudelka le grand photographe raconte avoir photographié ou simplement lu peut-être, ce graffiti rageur et désespéré qui griffait le mur d’entre Israël et la Palestine… Massacrante formule qui sonne juste et paraphe trop bien la triste fonction fréquemment dévolue aujourd’hui à l’érection des murs en divers contrées du monde. Sur ces murs, sans porte ni fenêtre, couronnés d’épines se fracasse et se déchire l’irrépressible et innocent désir d’aller voir de l’autre côté…

La barqueest née d’un projet de Marelle que l’artiste devait réaliser en Italie, sur l’île de Lampedusa. Première porte du sud de l’Europe. C’est au cours d’une exposition au Musée Santa Maria Della Scala à Sienne en 2008 qu’on lui proposa de réaliser une œuvre qui pourrait utiliser la pierre « Pomice », une pierre volcanique extraite sur l’île voisine de Lipari. Sur les cases minérales de cette marelle, quelques poètes choisis du monde méditerranéens étaient invités à venir graver et déposer leurs mots pour tresse un poème, jouant des différentes langues et alphabets de tous les riverains de cette Mare Nostrum. C’était alors le début de cette émigration périlleuse où les premières barques arrivèrent, ou n’arrivèrent jamais …Cette barque évoque ce qui allait devenir une vraie tragédie, et faire de cette mer un vaste tombeau. Une barque cénotaphe. Geste impuissant mais fraternel, d’œil et de main, témoin de cette tragédie contemporaine. Plusieurs poètes et écrivains dramaturges seront invités à contribuer à l’exposition durant sa durée tel que le poète Antonio Prete, spécialiste international de Giacomo Leopardi ainsi que Lina Prosa, journaliste et dramaturge italienne, auteur de la pièce Lampedusa Beach, jouée dans de nombreux théâtres internationaux dont la Comédie-Française à Paris.

practical informations

Marais Space

5 rue de Saintonge
75 003 Paris – France
T +33 1 42 72 60 42
F +33 1 42 72 60 49
info@jeannebucherjaeger.com

opening hours

Tuesday to Saturday
from 10 am to 7 pm