Maria-Helena Vieira da Silva a été très tôt familiarisée avec l’art grâce à son grand-père, fondateur sur journal lisboète O Século. Après avoir commencé ses études à Lisbonne, elle quitte son pays natal, en 1928, pour Paris, où elle poursuit sa formation à l’Académie La Grande Chaumière, notamment chez le sculpteur Antoine Bourdelle. Elle y rencontre également son futur mari, le peintre hongrois Árpád Szenes. Bien qu’elle ait pratiqué la sculpture, elle se consacre, dès 1929, essentiellement à la peinture, très vite empreinte d’un style abstrait et géométrique. Au début des années 1930, elle fait la connaissance de Jeanne Bucher qui deviendra son premier marchand et avec qui elle restera liée d’amitié tout au long de sa vie. Pendant la deuxième guerre mondiale, Maria-Helena Vieira et son mari partent au Portugal, puis en Brésil avant de rentrer à Paris où ils sont naturalisés français en 1956. Vieira da Silva a reçu de nombreux prix, dont le Grand Prix National des Arts du gouvernement Français en 1966. Elle est ensuite nommée Chevalier de la Légion d’honneur en 1979. Ses œuvres ont été exposées dans le monde entier et se trouvent aujourd’hui dans les collections du Guggenheim Museum de New York, du Centre Pompidou à Paris, à la Tate Moderne à Londres. Deux ans après la naissance de la Fondation Árpád Szenes – Vieira da Silva à Lisbonne et l’inauguration d’un musée qui abrite les œuvres des deux artistes, Vieira da Silva décède à Paris en 1992.

Peu d’artistes ont eu, au cours du siècle passé, un destin aussi intimement lié à une galerie que celui que connut Vieira da Silva avec la galerie Jeanne Bucher Jaeger. Après la parution de l’édition Kô et Kô en 1933, elle est exposée par Jeanne Bucher à la fin de cette décennie et restera, en dehors d’un épisode d’une dizaine d’années chez Pierre Loeb pendant les années 1950, constamment promue et défendue tant en France qu’à l’étranger par Jean-François Jaeger à partir de 1960, puis par Véronique Jaeger depuis 2004. Son ami poète René Char soulignait dans l’un des catalogues de la galerie : « Vieira da Silva tient serré dans sa main, parmi tant de mains ballantes, sans fermeté, sans lacis, sans besoin, quelque chose qui est à la fois lumière d’un sol et promesse d’une graine. Son sens du labyrinthe, sa magie des arêtes, invitent aussi bien à un retour aux montagnes gardiennes qu’à un agrandissement en ordre de la ville, siège du pouvoir. » Après la disparition de son mari, l’artiste Árpád Szenes, en 1985, son graphisme s’oriente vers un éclaircissement et des phénomènes de brèves disparitions suivies de résurgences ; ses griffures entaillent la matière comme pour ramener à la surface toute l’histoire du fond, c’est à dire celle de la genèse de l’œuvre.

Maria Helena Vieira da Silva, La Scala ou les yeux, 1937
Huile sur toile
60 × 92 cm
Maria Helena Vieira da Silva, La Gare St Lazare, 1949
Huile sur toile
60 × 73 cm
Maria Helena Vieira da Silva, Composition, 1955
Huile sur toile
116 × 137 cm
Maria Helena Vieira da Silva, Ombre et lumière, 1964
Tempera sur papier de Chine
62 × 99 cm
Maria Helena Vieira da Silva, La Basilique, 1964
Tempera sur toile
195 × 130 cm
Maria Helena Vieira da Silva, Mémoire, 1966
Huile sur toile
114 × 146 cm
Maria Helena Vieira da Silva, Ariane, 1988
Huile sur toile
130 × 97 cm