Mark Tobey suit des cours à l’Art Institute de Chicago puis s’installe à New York en 1911 et gagne sa vie comme portraitiste et dessinateur de mode. Une première exposition de son œuvre est présentée en 1917 à la Knoedler Gallery. Peu après, il se convertit à la religion universelle Baha’i et explore la représentation du spirituel dans l’art. En 1922, il s’installe à Seattle et enseigne l’art à la Cornish School. Sa rencontre avec le peintre chinois Teng Kuei, qui l’initie à la calligraphie orientale, influence son travail. En 1925, il s’installe à Paris et voyage à travers l’Europe et le Moyen Orient. Il découvre ainsi l’écriture arabe et perse. De retour à Seattle, il co-fonde la Free and Creative Art School et ses travaux sont présentés par Alfred Barr au Museum of Modern Art à New York. En 1934, il part en Chine où il séjourne chez Teng Kuei avant d’aller étudier la calligraphie et la peinture au Japon. Suite à son voyage aux Etats-Unis en 1945, Jeanne Bucher revient avec quelques œuvres de l’artiste américain qu’elle souhaite présenter à Paris, mais la maladie l’emporte en 1946. Dix années plus tard, Jean-François Jaeger organise sa première exposition en Europe, avec la coopération de la Willard Gallery de New York. En 1951, le Whitney Museum de New York lui consacre une exposition et, sur l’invitation de Joseph Albers, Tobey passe 3 mois comme critique-invité à l’université de Yale. En 1958, Tobey obtient le Grand Prix de peinture de la Biennale de Venise et le Musée des Arts Décoratifs de Paris lui consacre, en 1961, la première rétrospective accordée à un artiste américain. Jusqu’à son décès en 1976, il n’aura de cesse de voyager alors que son travail est présenté dans de nombreuses institutions prestigieuses.

Sa carrière artistique est étroitement liée à son évolution spirituelle. La rencontre avec la foi Bahaï, ses voyages en Extrême-Orient et en Europe et ses contacts avec le Zen sont déterminants dans ses œuvres et la création de son écriture blanche, White Writing. Ces espaces vibratoires aux multiples degrés de mouvance sont obtenus par le maniement d’un pinceau léger sur fonds aux tonalités denses. Tobey recherche dans l’abstraction pure un style calligraphique original capable de traduire la synthèse de communication universelle à laquelle il aspire. Contemporain des grands créateurs prolifiques newyorkais adeptes de formats imposants, Tobey s’est naturellement tourné vers l’Europe où sa sensibilité toute intériorisée trouvera le meilleur écho. La galerie commémorera le centième et le cent vingtième anniversaire de la naissance de l’artiste et présente constamment son œuvre au sein de ses expositions.

Mark Tobey, Rive gauche, 1955
Tempera sur papier
61 × 91 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, White Space, 1955
Tempera sur papier
20,5 × 31,5 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, Space rose, 1959
Tempera sur papier
40 × 30 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, White Square Surrounded, 1959
Tempera sur papier
23 × 31,5 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, World, 1960
Tempera sur papier
12,5 × 17 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, Sans titre, 1961
Monotype sur papier
99 × 50 cm
Mark Tobey, Sans titre, 1961
Monotype sur papier
19,1 × 39 in
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, Escape from Static, 1968
Tempera sur papier, marouflé sur panneau
67 × 48,5 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Mark Tobey, Sans titre, 1965
Monotype
102 × 52 cm