Jean Dubuffet vient en 1919 à Paris pour faire des études à l’Académie Julian, mais ce n’est qu’au début des années 1930 qu’il se consacre uniquement à la peinture. Grâce à son œuvre fascinante et inhabituelle qui comprend des peintures, des sculptures et des gravures, il devient un artiste de premier plan. Il exécute des images dans un style brut incisées en surfaces rugueuses, empâtées par des matériaux naturels et des œuvres sculpturales en matières indésirables. Leur aspect inachevé provoque souvent des vives controverses comme par exemple lors de sa première exposition en 1944 à la Galerie René Drouin. En rédigeant de divers textes relatifs à l’Art brut, Dubuffet devient le principal représentant de ce mouvement sur lequel il a fait des recherches pendant ses nombreux voyages.

La fin de l’année 1964 marquée par l’arrivée de Jean Dubuffet à la galerie initie une période décisive et faste. Jean Planque, missionné par Ernst Beyeler pour trouver des chefs d’œuvres à travers le monde, avait convaincu Dubuffet qui venait de quitter la galerie Cordier, que la galerie Jeanne-Bucher pouvait, à Paris et en lien avec la galerie suisse, assurer la représentation de son œuvre. Une vingtaine d’expositions monographiques autour des derniers cycles de l’artiste de 1964 à 1985 de « L’Hourloupe » aux « Non-lieux » en passant par « Les Psychosites » et « Les Mires », ainsi que de nombreuses éditions réalisées grâce à une presse de thermoformage sous vide jalonnent le parcours de Dubuffet à la galerie. Les chefs d’œuvre monumentaux de ce créateur hors pair, tels Nunc Stans, Epokhê, Le Cours des choses présentés par Jean-François Jaeger font aujourd’hui partie des collections des plus grandes institutions muséales mondiales.

En 1967, Dubuffet fait un don important de 180 œuvres au Musée des Arts décoratifs. À partir des années 1960, il fait des expériences avec les environnements architecturaux et des compositions musicales. Dans ses dernières années il réalise des grandes sculptures en fibre de verre pour les espaces publics. Jean Dubuffet décède le 12 mai 1985 à Paris après avoir fondé la Fondation Dubuffet.

Jean Dubuffet, Terre orange aux trois hommes, 1953
Huile sur isorel
114 × 146 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Jean Dubuffet, Site domestique (au fusil espadon), 1966
Vinyle sur toile
125 × 200 cm
Photographie de Jean-Louis Losi
Jean Dubuffet, Arbres portant un château de reminiscences, 1970
Marker sur papier
19 × 58 cm
Jean Dubuffet, Arbre Mystique, 1971
Marker sur papier
48 × 28,5 cm
Jean Dubuffet, Mire G177 Boléro, 1983
Acrylique sur papier entoilé
134 × 200 cm
Jean Dubuffet, Expansion de l’être H94, 1984
Acryle sur papier entoilé
67 × 100 cm
Jean Dubuffet, Donnée H51, 1984
Acrylique sur papier entoilé
100 × 67 cm
Jean Dubuffet, Dramatique XIII H136, 1984
Acryle sur papier entoilé
67 × 100 cm
Photographie de